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Covid-19, année zéro du thanatopouvoir européiste

2 Février 2026

Covid-19, année zéro du thanatopouvoir européiste

1. 2020 : non pas une crise, mais une année zéro

 

 

L’année 2020 ne marque pas simplement une crise sanitaire.

Elle constitue une année zéro : le point à partir duquel devient lisible la nature réelle du pouvoir contemporain en Europe.

 

Comme l’an zéro d’une civilisation n’efface pas le passé mais requalifie tout ce qui précède, 2020 agit comme un seuil interprétatif. Ce qui apparaissait auparavant comme maladresse, excès technocratique ou dérive temporaire se révèle alors comme structure.

 

Cette année zéro n’est pas une naissance heureuse, mais une révélation.

 

 

 

 

2. Apocalypse : la révélation du pouvoir tel qu’il est

 

 

Au sens étymologique, apocalypse signifie dévoilement.

 

Le Covid-19 a dévoilé simultanément :

 

  • la nature cybernétique du pouvoir (gouvernance par normes, indicateurs, procédures),
  • son incapacité à assumer une hiérarchie politique incarnée,
  • sa propension à traiter la vie humaine comme variable d’ajustement,
  • le fait que la protection du système pouvait primer sur la protection des vies.

 

 

Ce n’est pas la brutalité qui est nouvelle.

C’est la visibilité de la logique.

 

Le biopouvoir — censé organiser et protéger la vie — révèle sa mutation :

👉 le thanatopouvoir, qui accepte de laisser mourir, d’abandonner ou de sacrifier dès lors que la stabilité du système est en jeu.

 

 

 

 

3. Du biopolitique au thanatopolitique

 

 

Le biopouvoir repose sur un pacte implicite :

 

Je te gouverne pour que tu vives.

 

Le thanatopouvoir repose sur un autre pacte, rarement formulé :

 

Je te gouverne pour que le système survive, même si certaines vies deviennent secondaires.

 

Le Covid marque le moment où ce second pacte devient observable :

 

  • hiérarchisation des vies,
  • normalisation des dommages collatéraux,
  • justification technique de décisions lourdes de conséquences humaines,
  • invisibilisation statistique de la souffrance.

 

 

Ce basculement n’est pas idéologique.

Il est fonctionnel.

 

 

 

 

4. Cybernétique et flou : gouverner sans assumer

 

 

L’Union européenne ne peut pas assumer une hiérarchie politique claire, car elle se heurte à l’inconscient familial européen (au sens d’Emmanuel Todd) :

 

  • rejet des autorités abstraites,
  • refus d’une obéissance durable non incarnée,
  • primauté des structures familiales et territoriales.

 

 

La solution trouvée n’est pas politique, mais cybernétique :

 

  • gouverner sans dire que l’on gouverne,
  • contraindre sans nommer la contrainte,
  • décider sans décideur identifiable.

 

 

Le flou entre discours et réalité devient alors central :

 

  • valeurs invoquées mais jamais définies,
  • protection proclamée mais conditionnelle,
  • responsabilité dissoute dans les procédures.

 

 

Ce flou n’est pas une faiblesse :

c’est une technique de pouvoir.

 

 

 

 

5. Externalisation de la schizophrénie du système

 

 

Le système est structurellement contradictoire :

 

  • il parle d’humain tout en le traitant comme variable,
  • il invoque la liberté tout en multipliant les dispositifs de contrôle,
  • il prétend protéger tout en acceptant des sacrifices.

 

 

Cette contradiction est insoutenable psychiquement pour le pouvoir.

 

Elle est donc externalisée vers les populations :

 

  • injonctions contradictoires,
  • changements permanents de narration,
  • moralisation de l’obéissance,
  • divisions cognitives et morales.

 

 

C’est ici que le vieux principe diviser pour régner se modernise :

👉 on ne divise plus par classes ou territoires,

👉 on divise par positions morales.

 

Le conflit vertical disparaît au profit d’un conflit horizontal permanent.

 

 

 

 

6. Destruction créatrice schumpétérienne… devenue incontrôlée

 

 

Le système a cru pouvoir utiliser la crise comme une destruction créatrice :

 

  • accélération numérique,
  • nouvelles normes,
  • identité numérique,
  • Industrie 5.0 extractive,
  • financiarisation accrue du réel.

 

 

Mais cette destruction créatrice échappe progressivement à son contrôle.

 

Pourquoi ?

Parce que :

 

  • elle détruit la confiance plus vite qu’elle ne crée de nouvelles adhésions,
  • elle fragilise le lien social,
  • elle heurte des structures anthropologiques profondes (famille, transmission, sens).

 

 

Le système se renforce techniquement,

mais s’affaiblit symboliquement.

 

 

 

 

7. Conséquences concrètes sur la vie des gens

 

 

  • fatigue psychique et confusion,
  • sentiment de dépossession,
  • perte de projection collective,
  • cynisme généralisé,
  • conflits sociaux diffus,
  • désagrégation du contrat social vécu.

 

 

Le citoyen n’est plus un sujet politique.

Il devient l’interface d’un système qu’il ne contrôle pas.

 

 

 

 

8. Conclusion : pourquoi 2020 change tout

 

 

Le Covid-19 n’a pas créé le thanatopouvoir européiste.

Il l’a révélé.

 

Il a marqué le moment où :

 

  • la bienveillance supposée du pouvoir cesse d’aller de soi,
  • la logique systémique devient visible,
  • la vie humaine apparaît conditionnelle.

 

 

2020 est l’année zéro d’un dévoilement : celui d’un pouvoir qui, incapable d’assumer sa nature, gouverne par le flou, externalise sa contradiction et glisse du biopolitique vers le thanatopolitique.

 

Ce qui vient ensuite dépend d’une seule chose :

👉 le degré de consentement, d’attention et de foi que les populations continueront — ou non — d’accorder à ce système.

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