Le bilan de la macronie
Depuis 2017, les réformes fiscales sont présentées comme un renforcement du pouvoir d’achat et de la compétitivité. Les chiffres mettent pourtant en évidence une logique plus profonde : la France sous Macron poursuit une politique de mutualisation des coûts et de privatisation des gains.
Mutualisation des coûts
- Recettes publiques amputées : près de 50 Md€ par an de baisses d’impôts, financées par l’endettement. Le coût est supporté collectivement par l’ensemble des citoyens et des générations futures.
- Transfert vers la TVA : les recettes de TVA sont passées de 170 à 240 Md€, alors que cet impôt proportionnel pèse davantage sur les ménages modestes.
- Services publics fragilisés : hôpitaux, écoles, justice, sécurité sociale subissent la contraction des moyens, et les coûts sociaux (dégradation, inégalités d’accès) sont supportés par la collectivité.
Privatisation des gains
- Capital et patrimoine : transformation de l’ISF en IFI et instauration de la flat tax ont avantagé les ménages les plus aisés, sans effet probant sur l’investissement productif.
- Entreprises et actionnaires : la baisse de l’impôt sur les sociétés et la suppression de la CVAE représentent près de 20 Md€ d’allègements annuels, captés sans contrepartie obligatoire en emplois ou en salaires.
- Ménages favorisés : la suppression de la taxe d’habitation et la baisse de l’impôt sur le revenu profitent proportionnellement davantage aux foyers aisés qu’aux classes populaires.
Une logique structurelle
Cette mécanique produit un double effet :
- Les charges et risques (dette, inflation, affaiblissement des services collectifs) sont socialisés.
- Les profits et avantages fiscaux sont privatisés au bénéfice d’une minorité (grandes entreprises, hauts patrimoines, ménages supérieurs).
Conclusion
Sous couvert de « liberté fiscale » et de « compétitivité », la trajectoire française depuis 2017 s’inscrit dans un schéma de capitalisme d’État inversé :
- l’État prend en charge les pertes et mutualise les coûts,
- le secteur privé et les catégories supérieures captent les gains.
La question centrale n’est donc pas seulement celle du niveau global des impôts ou de la dette, mais de leur répartition : qui paie, qui gagne, et au nom de quel projet de société.
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