Le discours pervers de Macron du 24 septembre
Le caractère pervers du discours ne tient pas seulement à des contradictions ponctuelles. Il tient à sa structure même.
Il inverse systématiquement les rapports de causalité : les conséquences de choix politiques (dépendance énergétique, fiscalité, engagements internationaux, absence de réforme structurelle) sont présentées comme des fatalités extérieures. Une fois cette inversion acceptée, le pouvoir peut apparaître à la fois protecteur et impuissant, tout en interdisant de questionner les causes.
Il produit une fermeture du champ : ce qui est pensable, dicible et légitime est strictement délimité. Tout ce qui sort de ce cadre est disqualifié par avance (démagogie, irresponsabilité, incompréhension du réel). Le débat démocratique est ainsi réduit à la gestion de l’effort à l’intérieur de paramètres non discutables.
Il conditionne à l’impuissance apprise : les causes sont hors d’atteinte, l’action collective est vaine ou dangereuse, la seule posture rationnelle est l’acceptation de l’effort et l’unité derrière la gestion de crise.
Enfin, il offre une catharsis contrôlée (la menace, la colère reconnue puis canalisée, le spectre du désordre) qui permet au système de se maintenir malgré ses dysfonctionnements.
C’est cette combinaison — inversion causale + fermeture du pensable + production d’impuissance + soupape de sécurité — qui rend le discours éminemment pervers. Il ne se contente pas de justifier une politique : il reconfigure la perception du réel de façon à rendre toute alternative structurelle illégitime a priori.
/image%2F6966149%2F20230917%2Fob_d997d5_gravite-quantique.jpeg)