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La taxe Zucman : promesse de justice ou mécanisme d’enfumage ?

19 Septembre 2025

La taxe Zucman : promesse de justice ou mécanisme d’enfumage ?

1. Le principe affiché

 

 

La taxe dite « Zucman », du nom de l’économiste Gabriel Zucman, propose de taxer annuellement à hauteur de 2 % les patrimoines supérieurs à un milliard de dollars. Elle s’inscrit dans une dynamique internationale qui cherche à montrer que les États peuvent enfin reprendre la main sur les très grandes fortunes, souvent accusées de contribuer de manière dérisoire à l’effort fiscal commun. Sur le papier, le projet est séduisant : il paraît simple, équitable et lisible.

 

Pour le citoyen ordinaire, cette mesure résonne comme une promesse de justice sociale. Dans un monde où les inégalités explosent, où les crises successives pèsent sur les classes moyennes, où l’inflation grignote le pouvoir d’achat, l’idée que « les riches vont payer » est puissante, presque cathartique. Elle répond à un besoin de rééquilibrage symbolique, même plus qu’économique.

 

 

 

 

2. Le contexte réel

 

 

Mais derrière le récit, les faits sont plus complexes. Depuis plus d’une décennie, les grandes entreprises mondiales ont privilégié la distribution de dividendes massifs et le rachat de leurs propres actions, au détriment de l’investissement productif. Ces flux gigantesques ont déjà permis aux ultra-riches de transférer et de sécuriser des fortunes colossales.

 

Parallèlement, les élites économiques disposent d’une panoplie de mécanismes pour protéger leurs actifs :

 

  • Holdings et structures juridiques multi-niveaux, qui éloignent les patrimoines des radars fiscaux.
  • Sociétés écrans réparties dans différents pays, rendant la traçabilité extrêmement difficile.
  • Prêts lombards : crédits contractés en mettant ses actifs en garantie, permettant de vivre de la dette sans jamais vendre, donc sans générer de revenus taxables.
  • Fondations et trusts, qui créent des écrans philanthropiques tout en préservant la maîtrise des capitaux.
  • le siphonnage méthodique des entreprises par les actionnaires (qui ont considérablement augmentés les patrimoines des élites) 

 

 

Ce système fait que, lorsque la taxe Zucman est annoncée, l’essentiel de la richesse a déjà été « capté », déplacé et verrouillé.

 

 

 

 

3. Le projet caché

 

 

Dès lors, la taxe ne doit pas être lue uniquement comme une mesure de redistribution. Elle fonctionne surtout comme un levier narratif et institutionnel.

 

  • Narratif : elle donne au citoyen l’impression que la justice fiscale progresse. Elle canalise la colère sociale en la réorientant vers une promesse rassurante.
  • Institutionnel : elle justifie la mise en place d’outils de surveillance financière mondiale. Pour taxer les milliardaires, il faut recenser et suivre tous les patrimoines. Cela suppose une interconnexion accrue entre registres nationaux, banques, et institutions internationales.

 

 

Or, cette architecture rejoint un autre chantier stratégique : les monnaies numériques de banques centrales (MNBC). Ces nouvelles monnaies permettent une traçabilité totale des transactions et ouvrent la voie à une fiscalité automatisée. La taxe Zucman devient alors l’alibi moral pour instaurer une infrastructure qui, demain, pourra s’appliquer à tous.

 

 

 

 

4. Les conséquences pour les citoyens

 

 

La conséquence directe, c’est que la taxe frappera peu les élites réellement visées. Grâce à leur ingénierie patrimoniale, elles continueront à contourner l’impôt. Mais l’infrastructure créée pour les cibler servira à :

 

  • renforcer le rôle des banques privées, indispensables pour évaluer et refinancer les grandes fortunes, ce qui les rend incontournables même dans un monde de MNBC ;
  • étendre la surveillance fiscale à de nouvelles catégories de population : d’abord les riches locaux, puis les classes moyennes supérieures, et, à terme, tout citoyen connecté au système monétaire numérique ;
  • normaliser la traçabilité totale des flux financiers, en limitant progressivement les marges d’autonomie (cash, cryptomonnaies non institutionnelles, transferts hors système bancaire).

 

 

Le paradoxe est donc le suivant : sous couvert de « faire payer les milliardaires », la taxe Zucman consolide un système où les ultra-riches restent protégés, tandis que le citoyen ordinaire, lui, devient de plus en plus exposé, surveillé et contraint.

 

 

 

 

5. Une lecture critique

 

 

La taxe Zucman incarne ce que l’on pourrait appeler un mécanisme d’enfumage : elle met en scène un affrontement entre le pouvoir politique et les élites économiques, alors qu’en coulisses, les deux se renforcent mutuellement. Les dirigeants politiques gagnent une légitimité auprès des masses en promettant justice fiscale, tandis que les élites financières consolident leurs outils de protection et s’assurent que le contrôle renforcé des flux pèsera surtout sur les autres.

 

En réalité, cette taxe ne traduit pas une volonté de redistribution, mais bien l’avancée d’un projet global : la construction d’une gouvernance économique mondiale fondée sur la traçabilité et la dépendance des citoyens, dans un monde où la frontière entre public et privé devient toujours plus floue.

 

 

 

👉 Résumons : la taxe Zucman est une promesse cathartique pour les citoyens, mais dans les faits, elle agit comme un instrument de consolidation du pouvoir des élites.

 

 

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